
Jour de vide
Jour de vide
Méchant comme une affiche.
Jour d’ennui lumineux
Et lisse comme une moustache.
Ruelle marine,
Lumière souillonne,
Des chats crève-cœurs
Passent ennemis.
Je regarde une jeune fille.
Mon œil photographe la déshabille.
Sensation de nudité
Presque odieuse
Mais légère
Comme une fleur de cerisier
Au printemps sur mon épaule.
Un ami m’accoste :
Maigriot, il sent le tabac.
Il rit toujours, il est doux.
Nous pénétrons dans un bistrot.
Nous nous asseyons
Tels des buveurs d’absinthe.
La barmaid
– mouche vagabonde –
A des jambes si longues
Et le corps chaud comme un calorifère
(Nous aurions aimé
Bifurquer dans ses ramures
Nous endiguer un temps
Dans son lit d’hôpital).
Elle vient poser deux bouteilles
Sur notre table,
Puis s’en retourne
La bas,
Croupe bandée,
Nous laissant
Minables clients,
Chiens loups pollués de l’aventure
Aux crocs broyés,
Gueulant comme des hérons
Qui jouent aux cartes,
Devant les étoiles
Qui grillent
La haut.


0 Comments:
Post a Comment
<< Home