L’escale
Ils descendent les rues
Où les sifflets violonent
Où des filles ensommeillées
Enchainent les entreponts.
Devant des maisons vides
Des matelots trop polis
Essuient leurs pantalons anglais
Leurs pas, c’est étrange
Restent lourds, presque poisseux
Leurs souliers raclent
Les pavés d’oubliettes
Des femmes roulent
Les mains couvertes de moufles
Les seins comme des fruits
Vite, vite, l’escale est courte
Comme un canon scié
Et les mousses, fins comme des bouquins
Et lourds de sang
Sortent du cadre vide
De mon poème.


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