
L’aventurier des carpettes
Dans quelques années,
Sans fonds de poche,
Sans haine,
Je regarderais les pirogues
Passer, passer.
Je n’aurais planté aucun mur
Pour ne pas déranger.
Je n’aurais encombré
Aucune petite fille
Devenue femme.
Adieu, navires, trains, hôtels
Avions, téléphones
Et lupanars,
J’aurais du ciel
Plein la tête
Et le cœur cargué sous le vent.
Je dormirais sur les rivages,
Fragile et moqueur
Comme l’oiseau sorcier.
Mon sommeil
Feuilleté de longues aventures
Me donnera,
Pour apaiser ma faim,
Les épices des éternités
Longues comme des chevelures.
Dans quelques années,
Sans fonds de poche,
Sans haine,
Je regarderais les pirogues
Passer, passer…………


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