Tuesday, May 12, 2020

Barricade Ô Barricade !




Barricade Ô Barricade !
Mes poings renégats disjoignent l’anatomie de tes planches
Les aurores de cascade je lis sur ta grimace magistrale
Les stigmates d’une vénusté violentée
Où s’inscrivent sporadiquement nos lamentations abasourdies
Quelles sagas sillonnent les senestres des adolescentes qui dorlotent leurs coquins 
Vertes jeunesses que leurs fripons serrent contre les barricades ?
Créatures nattant les ruses qui ligotent d’autres individus
Devant d’autres barricades ?
Simulacre pourpre du masculin que tu étaies
Pour satisfaire lequel de ces exotiques
La canine de gavial en ta goule
Griffe la barricade ?
J’ai l’opportunité de planter mes serres dans tes ais dociles
Là où je suis il y a des barricades que l’on érige comme des décors fragiles
Barricades barricades
Que l’on recouvre de fresques suintantes
Là où je vis il y a le peuple de l’envie brûlante
Il y a  la barricade dressée que l’on travestit avec des immondices
Ecran entre les humains la Barricade est son nom
Je ne t’abhorre pas bannière mais je sens ces débandades étoffées par le combat
Tandis qu’à force de répétions tu sabres mon râble discipliné
 Aux Barricades !
De quel trouble cadavéreux suis-je fautif en cette noirceur violine au fumet d’agrume ?
Mes reins exténués de télescopages de pieux secrets souffrent
Le halage dorsal augmente
Je suis victime de la palissade
Je suis fautif de mon carambolage solitaire
Je ne suis pas le tagueur qu’il lui faut
Je ne suis le tagueur de personne
Mais je suis enchaîné à la barricade
Je contemple la jeune jouvencelle étrangère silencieuse qui se meut
Avec des mouvements bizarres
Je la connais parfois
Ses embrassades déposent une suavité aux émanations chaudes et agréables
Sa langue tourne dans ma bouche et j’entends des cantilènes étranges
De temps en temps sa peau se recouvre d’une infime rosée vaporeuse
Mais ici
Son corps délivre une fragrance indicible de pain brûlé qui exhale
Elle est seins nus les bras en croix
Contre la barricade
Les échardes du vieux bois se plantent dans sa chair,
Elle est telle un Christ envahie de dures ronces aux épines acérées qui la déchirent
Elle saigne
Elle ouvre grand sa gueule elle crie
Ses yeux se révulsent
Signe d’une mort proche
Sur la barricade son cœur cesse de battre
 Et mes yeux cillent sous l’averse qui la bénit
Oh Barricade !

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