Barricade Ô Barricade !
Barricade Ô Barricade !
Mes poings renégats disjoignent
l’anatomie de tes planches
Les aurores de cascade je lis sur ta grimace
magistrale
Les stigmates d’une vénusté violentée
Où s’inscrivent sporadiquement nos lamentations
abasourdies
Quelles sagas
sillonnent les senestres des adolescentes qui dorlotent leurs coquins
Vertes jeunesses que leurs fripons
serrent contre les barricades ?
Créatures nattant les ruses qui ligotent
d’autres individus
Devant d’autres barricades ?
Simulacre pourpre du masculin que tu étaies
Pour satisfaire lequel de ces
exotiques
La canine de gavial en ta goule
Griffe la barricade ?
J’ai l’opportunité de planter mes serres
dans tes ais dociles
Là où je suis il y a des barricades
que l’on érige comme des décors fragiles
Barricades barricades
Que l’on recouvre de fresques
suintantes
Là où je vis il y a le peuple de
l’envie brûlante
Il y a la barricade dressée que l’on travestit avec
des immondices
Ecran entre les humains la Barricade est
son nom
Je ne t’abhorre pas bannière mais je
sens ces débandades étoffées par le combat
Tandis qu’à force de répétions tu
sabres mon râble discipliné
Aux Barricades !
De quel trouble cadavéreux suis-je fautif
en cette noirceur violine au fumet d’agrume ?
Mes reins exténués de télescopages de pieux
secrets souffrent
Le halage dorsal augmente
Je suis victime de la palissade
Je suis fautif de mon carambolage solitaire
Je ne suis pas le tagueur qu’il lui
faut
Je ne suis le tagueur de personne
Mais je suis enchaîné à la barricade
Je contemple la jeune jouvencelle étrangère
silencieuse qui se meut
Avec des mouvements bizarres
Je la connais parfois
Ses embrassades déposent une suavité
aux émanations chaudes et agréables
Sa langue tourne dans ma bouche et
j’entends des cantilènes étranges
De temps en temps sa peau se recouvre d’une
infime rosée vaporeuse
Mais ici
Son corps délivre une fragrance
indicible de pain brûlé qui exhale
Elle est seins nus les bras en croix
Contre la barricade
Les échardes du vieux bois se plantent
dans sa chair,
Elle est telle un Christ envahie de dures
ronces aux épines acérées qui la déchirent
Elle saigne
Elle ouvre grand sa
gueule elle crie
Ses yeux se révulsent
Signe d’une mort proche
Sur la barricade son cœur cesse de
battre
Et mes yeux cillent sous l’averse qui la bénit
Oh Barricade !



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